NouveauEpuisé

BEZIMENA – (Edition Originale)

 9,00

Rupture de stock

Poids 1990 g
Dessinateur
Scenariste
Edition
Cotation
etat

Bezimena est une bande dessinée marquante de l’autrice et dessinatrice Nina Bunjevac, publiée en 2018 (édition originale en anglais) puis traduite en français. Œuvre sombre, dérangeante et profondément symbolique, Bezimena s’inscrit dans une tradition de romans graphiques qui explorent la violence, le traumatisme et les zones les plus obscures de l’âme humaine. Nina Bunjevac, déjà reconnue pour Fatherland et Heartless, y pousse encore plus loin sa réflexion sur le pouvoir, la domination et la déshumanisation.

Le titre Bezimena signifie littéralement « sans nom » en serbo-croate. Ce choix est central : l’absence de nom renvoie à la perte d’identité, à l’anonymat forcé et à la négation de l’individu. Dès les premières pages, le lecteur comprend que l’histoire ne suivra pas une narration classique, mais plutôt une succession de scènes symboliques, presque mythologiques, qui interrogent la violence masculine et les structures patriarcales.

L’intrigue se concentre sur un prince riche et puissant, isolé dans son château, qui capture et torture des femmes pour assouvir ses pulsions. Ces femmes ne sont jamais individualisées par des noms ou des voix propres, ce qui accentue leur réduction à de simples corps. Le récit ne cherche pas à susciter l’empathie pour le bourreau, mais au contraire à exposer froidement les mécanismes de la cruauté et du pouvoir absolu. À travers ce personnage, Bunjevac propose une métaphore du patriarcat extrême, où la domination n’est plus seulement sociale mais totale, physique et psychologique.

Le traitement graphique de Bezimena est l’un de ses aspects les plus remarquables. Nina Bunjevac utilise un noir et blanc très contrasté, inspiré à la fois de la gravure, de l’iconographie médiévale et de l’art symboliste. Les planches sont souvent d’une grande densité visuelle, remplies de détails minutieux qui renforcent l’atmosphère oppressante. Le silence y joue un rôle essentiel : les dialogues sont rares, et de nombreuses pages se lisent comme des tableaux figés, laissant au lecteur le soin d’interpréter les images.

La violence représentée dans Bezimena est explicite et difficile, ce qui a suscité de nombreux débats à sa sortie. Cependant, Bunjevac ne l’utilise jamais de manière gratuite ou sensationnaliste. Elle adopte une posture presque clinique, refusant toute esthétisation du viol ou de la torture. Cette distance volontaire peut mettre mal à l’aise, mais elle sert précisément à confronter le lecteur à la réalité brute de la violence sexiste, sans les filtres habituels de la fiction.

Sur le plan thématique, Bezimena interroge la transmission de la violence, le rapport entre pouvoir et sexualité, et la manière dont les sociétés tolèrent, voire organisent, l’effacement des victimes. L’absence de rédemption ou de résolution morale claire est un choix assumé : l’œuvre ne propose pas de solution, mais un constat implacable. Elle agit comme un miroir tendu au lecteur, l’obligeant à réfléchir à sa propre position face à ces réalités.

La bande dessinée s’inscrit également dans une dimension presque mythologique ou allégorique. Le château, le prince, les corps féminins anonymes évoquent des contes anciens, mais détournés de toute morale rassurante. Bunjevac déconstruit ainsi les récits traditionnels où la violence masculine est souvent normalisée ou romantisée.

En définitive, Bezimena est une œuvre exigeante, radicale et profondément dérangeante, qui ne s’adresse pas à tous les publics. Elle occupe toutefois une place importante dans la bande dessinée contemporaine en tant que proposition artistique forte et féministe, refusant la complaisance et la facilité. Nina Bunjevac y affirme une voix singulière, capable d’utiliser le médium de la bande dessinée pour aborder des sujets extrêmes avec une rigueur esthétique et morale rare.

BD, néanmoins pour adulte, excellent récit, avec très souvent, la page de gauche noire accompagnée de bulles, et dessin sur la page de droite.  Univers très spécial, mais à découvrir .

Prix Editeur : 29€

Sur le site : https://bdoccasion.com

Source Cotation, BDM 2025/2026 : http://www.arenes.fr

Avis

Il n’y a pas encore d’avis.

Seuls les clients connectés ayant acheté ce produit ont la possibilité de laisser un avis.